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Comment optimiser la performance énergétique d’un logement ?

Mis en place en 2006, le DPE, Diagnostic de Performance Energétique, avait pour objectif principal de nous sensibiliser à la notion de performance énergétique en matière de logement. Même si cet acronyme est désormais bien ancré chez les professionnels de l’immobilier comme chez les particuliers, les méthodes de calcul, les biens concernés ou encore les travaux à envisager restent nébuleux. D’autant que de nouvelles réformes sont entrées en vigueur au 1er janvier 2025. Faisons le point…

DPE et performance énergétique

Rappelons avant tout que l’objectif du DPE est de mesurer et renseigner sur la consommation d’énergie et l’impact environnemental d’un logement ou bâtiment.

Qui est concerné par le DPE ?

Le DPE est obligatoire lors des ventes et des locations de biens situés en France métropolitaine, anciens comme neufs (mis à part quelques exceptions*). Il doit permettre au futur locataire ou acquéreur d’estimer son budget en énergie ou d’être alerté sur la nécessité de travaux d’isolation.

Depuis le 19 novembre 2024, les locations Airbnb entrent dans le giron de ces obligations selon un calendrier progressivement contraignant pour les propriétaires. Dès cette année, les nouveaux logements de tourisme en zone tendue doivent réaliser un DPE. Ce dernier deviendra obligatoire pour l’ensemble des Airbnb en 2034. Une note comprise entre A et D sera alors requise pour que le bien soit éligible à la location.

Comment se calculent les indices de performance énergétique ?

Le DPE a été modifié en 2021 par souci de lisibilité et de crédibilité. Son calcul est depuis réalisé à partir des données recueillies par un diagnostiqueur (professionnel indépendant certifié) qui tient compte de 5 postes de consommation de l’habitation : chauffage, production d’eau chaude sanitaire, climatisation, éclairage et éléments auxiliaires (comme la ventilation).
L’étiquette DPE comporte deux volets : la consommation énergétique (exprimée en kilowattheure d’énergie primaire par m2 par an) et les émissions de gaz à effet de serre (kilogramme équivalent de CO2 par m2 par an).

Comment se calculent les indices de performance énergétique ?
Par conséquent, depuis le 1er janvier 2025, seuls les DPE réalisés après le 1er juillet 2021, et donc utilisant ce nouveau mode de calcul, sont valables. La durée de validité du diagnostic est de 10 ans.

Notons qu’en 2024, les modalités de calcul du DPE ont de nouveau évolué visant à les rendre plus cohérentes pour les petits logements (d’une surface inférieure à 40m²).

 

Quelles sont les nouvelles normes s’agissant d’un bien locatif ?

Le Diagnostic de Performance Energétique est l’un des outils utilisés pour la mise en application de la loi ‘Climat et Résilience’ de 2021 qui oblige les propriétaires bailleurs à rénover les passoires énergétiques.

Ainsi, depuis le 1er janvier 2025 les logements situés en France métropolitaine dont le DPE correspond à la lettre G ne pourront plus être proposés à la location. Cette interdiction des biens les plus énergivores sur le marché locatif concernera les logements classés F à compter de 2028 puis les logements classés E à compter de 2034.

Quels travaux envisager pour améliorer la performance énergétique d’un logement ?

De manière générale, en matière de rénovation énergétique, deux pistes sont à envisager :

  • Améliorer l’isolation pour limiter les déperditions de chaleur et ainsi augmenter l’inertie.
  • Optimiser les solutions de chauffage pour baisser la consommation d’énergie.

D’où la nécessité d’un audit énergétique qui doit permettre de mettre en lumière les points faibles du logement pour ensuite prioriser les travaux.

Isoler correctement le logement

On commence par la toiture qui peut représenter à elle seule 30% des déperditions de chaleur. Si vous exploitez vos combles, mieux vaut en isoler les surfaces inclinées avec de la laine de verre. Si votre budget est serré, la technique par soufflage qui consiste à recouvrir le sol des combles perdus avec des flocons isolants est à privilégier.

Les murs extérieurs peuvent quant à eux être à l’origine de 35% des déperditions énergétiques. Il existe trois techniques pour les isoler :

  • Par l’intérieur en doublant les murs d’un matériau isolant (laine minérale, laine de bois, chanvre…),
  • Par l’extérieur grâce à la pose d’un isolant sous enduit ou bardage. Si cette solution est très efficace, elle est aussi plus onéreuse et, comme elle modifie l’aspect extérieur du bâtiment, soumise à autorisation des services de l’urbanisme.
  • Par injection pour les murs creux (généralement dans des habitations construites après 1930).

Les portes et fenêtres vétustes peuvent être remplacées par des modèles plus modernes et performants. Pour autant, les ouvertures ne représentant que 10 à 15% des déperditions de chaleur, elles ne constituent pas l’investissement prioritaire en matière de rénovation énergétique. D’autant qu’elles engagent des dépenses importantes et donc plus longues à amortir.

On y pense moins mais le plancher peut lui aussi être isolé. Dans une maison, où il représente jusqu’à 10% des déperditions thermiques, les solutions d’isolation sont diverses :  chappe isolante, pose d’isolant en panneau, en rouleau ou en mousse.

 

Quels sont les prix moyens des solutions d’isolation ?

Voici quelques fourchettes de prix incluant la fourniture et la pose pour vous aider à y voir plus clair :

  • Isolation des combles perdus : 30 à 70€/m²
  • Isolation de combles aménagés : 70 à 120€/m²
  • Isolation des murs par l’extérieur : 100 à 150€ /m²
  • Isolation des murs par l’intérieur : 50 à 80€/m²
  • Isolation des murs creux : 20 à 30€/m²
  • Isolation des sols : entre 50 et 100€/m²

Pour un résultat de qualité, il faudra être vigilant au type de matériau utilisé, à son épaisseur mais aussi et surtout à sa mise en œuvre : respect du DTU (Document Technique Unifié) qui prévoit notamment des lames d’air, continuité dans la pose pour éviter les ruptures de pont thermique… D’où la nécessité de trouver un entrepreneur expérimenté et de confiance.

 

Remplacer les installations de chauffage

Lorsque l’on parle de rénovation énergétique, on pense le plus souvent aux travaux d’isolation. Et pourtant, un système de chauffage efficace peut lui aussi permettre de réaliser des économies d’énergie.

Bien que représentant un investissement conséquent (entre 5 000 et 10 000€ en moyenne), la pompe à chaleur offre une réduction jusqu’à 40% des factures énergétiques. On considère qu’elle est amortie sur une dizaine d’années. Elle peut même, si l’on choisit un modèle adapté, permettre de produire l’eau chaude sanitaire et donc remplacer le chauffe-eau, souvent très énergivore.

Pour des maisons ou appartements d’une surface totale inférieure à 80m², investir dans de bons radiateurs électriques permet d’éviter le recours à une solution de chauffage central.

A mi chemin entre la pompe à chaleur et les radiateurs électriques : la climatisation réversible offre un bon compromis. Bien que plus cher à l’achat qu’un convecteur électrique, un appareil de climatisation consomme 25 à 40 % de moins qu’un appareil de chauffage classique.

Bon à savoir

Vous voulez anticiper des travaux de rénovation énergétique ?
Certains diagnostiqueurs proposent une prise de mesures qui permet à l’architecte d’intérieur d’établir des devis auprès d’entreprises spécialistes.
Ainsi, on identifie en amont les modifications à apporter pour changer de catégorie de DPE et vous disposez d’un budget prévisionnel avant travaux. Puis le diagnostiqueur revient réaliser un nouveau DPE à la fin des travaux.

Mission accomplie pour le Diagnostic de Performance Énergétique qui joue désormais un rôle clé dans la transition énergétique en France, en sensibilisant propriétaires et locataires aux enjeux de la consommation d’énergie. Avec l’évolution des normes et les obligations qui les accompagnent, la rénovation énergétique des logements locatifs et meublés touristiques va devenir incontournable pour bon nombre de propriétaires bailleurs. Des travaux dans lesquels notre cabinet peut vous accompagner, pour vous faire gagner du temps et de l’argent.

A quoi correspondent les lettres du DPE ?

A : consommation d’énergie primaire de 70 kWh/m².an, émissions de GES de 6 kg CO2eq/m².an.
B : consommation d’énergie primaire de 110 kWh/m².an, émissions de GES de 11 kg CO2eq/m².an.
C : consommation d’énergie primaire de 180 kWh/m².an, émissions de GES de 30 kg CO2eq/m².an.
D : consommation d’énergie primaire de 250 kWh/m².an, émissions de GES de 50 kg CO2eq/m².an.
E : consommation d’énergie primaire de 330 kWh/m².an, émissions de GES de 70 kg CO2eq/m².an.
F : consommation d’énergie primaire de 420 kWh/m².an, émissions de GES de 100 kg CO2eq/m².an.
G : consommation d’énergie primaire de > 420 kWh/m².an, émissions de GES de > 100 kg CO2eq/m².an.

Pour aller plus loin

Consultez les aides du dispositif Ma Prime Renov’ en 2025
 

*Parmi les exceptions :

  • Les bâtiments indépendants dont la surface de plancher est inférieure à 50m².
  • Les monuments historiques.
  • Les bâtiments à usage résidentiels destinés à être utilisés moins de quatre mois par an.

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